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Anatole Ayissi : Organisation des nations unies
L'une des conséquences en Afrique de la fin de la Guerre Froide a été la volonté réaffirmée des dirigeants africains de trouver des “solutions africaines aux problèmes africains”.
La scène politique africaine, relativement débarrassée des contraintes idéologiques qu'y faisait peser le monde bipolaire, offrait en effet une plus grande marge de manœuvre aux Africains dans la gestion de leurs problèmes, y compris les crises armées.
Dans cette nouvelle dynamique, la médiation émerge comme mode d'action par excellence. Par conséquent, la figure diplomatique du médiateur africain s'imposera au cours des deux dernières décennies par sa quasi-omniprésence sur les théâtres de crise sur le continent. Très peu aujourd'hui sont en effet les crises africaines qui n'ont pas bénéficié des bons offices d'un médiateur ou d'un comité de médiation africain, généralement nommé ou mis sur pied par des organisations régionales ou sous-régionales.
Alors que les processus de médiation des conflits en Afrique retiennent l'attention des chercheurs et des académiques, avec de nombreuses études publiées, le personnage même du médiateur africain n'a pas été suffisamment étudiée. Qui est ce personnage? D'où vient-il? Comment est-il choisi et par qui ? Quel est son mode opératoire ? Autant de questions sur lesquelles l'étude se penchera afin de jeter un éclairage nouveau sur cet acteur de plus en plus indispensable de scènes africaines de crise.
L’examen de plusieurs États en Afrique amène à faire le constat de sociétés éclatées, sinon à « haute tension », dans lesquelles la cohésion demeure encore un souci majeur. Plusieurs États apparaissent comme des agrégats d’entités visiblement contraintes à vivre ensemble, et qui ne ménagent guère leurs efforts pour afficher leurs particularités. Aussi l’espace politique, lorsqu’il existe, se transforme-t-il en un terrain sur lequel ces différentes entités se concurrencent, parfois bruyamment, mettant en péril l’unité nationale. Particulièrement depuis le début des années 1990, avec la fin du patronage de Guerre Froide, le continent africain a vu éclater un nombre important de conflits civils qui se caractérisent par leur dimension régionale, par la multiplicité des protagonistes, belligérants ou non, par la diversité des motivations, économiques ou politiques, qui les sous-tendent, et par la brutalité des stratégies utilisées. Cette multiplicité des conflits en Afrique a suscité un fort intérêt dans la recherche académique où les hypothèses aussi nombreuses que contradictoires s’évertuent à rendre compte des dynamiques conflictuelles et de leur éventuelle spécificité africaine.
Ce colloque envisage moins de proposer de nouvelles hypothèses explicatives qu’une évaluation critique ainsi qu’un essai de typologie des nombreuses hypothèses concurrentes. Outre une contribution à la recherche académique sur les lumières et les ombres des analyses des conflits en Afrique, ce colloque entend également contribuer à une meilleure épistémologie ainsi qu’à une meilleure méthodologie de l’étude des conflits tout en prenant en compte les dynamiques des sociétés africaines ainsi que les enjeux géopolitiques et stratégiques de ces conflits.
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