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Nous inspirant de Bachelard, Cauquelin, Girardin et Heidegger, mais encore des préceptes de la géographie culturelle plus-que-figurative, cette communication cherchera à démontrer en quoi les arts, grâce à l'artialisation qui peut être faite de leurs œuvres lorsque celles-ci procèdent d'une imagination foncièrement créatrice, peuvent illustrer la richesse de la charge de sens du lieu. Une charge qu'elle étoffe même en ceci que, heuristique et transcendante, pareille artialisation affine (i) la trame symbolique où le sens du lieu prend forme et où le sentiment d'appartenance naît et se renouvelle comme (ii) la contexture des vocations relationnelles et identitaires où le lieu se révèle complexe, dynamique et unique. Réfléchissant sur son rôle quant à l'appropriation et à l'identification au lieu, cette communication s'emploiera somme toute à démontrer en quoi le travail de l'artiste, lorsqu'il parvient à s'ouvrir à l'indicible de notre condition géographique, peut élargir nos horizons de sens à la démesure du Réel et dès lors nous aider à mieux comprendre les valeurs et significations afférentes à notre territorialité.
Le CELAT (Centre interuniversitaire d’études sur les lettres, les arts et les traditions) propose de tenir son colloque annuel à l’Acfas sur le thème « Lieux de passage et vivre-ensemble ». Depuis deux ans, notre centre développe une expertise sur le concept de vivre-ensemble, entendu comme les formes et les enjeux de la vie collective découlant de la diversité et du pluralisme, marquant les relations entre les groupes majoritaires et minoritaires ou minorisés et les individus qui les composent, leurs interactions et formes de vie et d’expression, leurs appartenances à des territoires, leurs langages, leurs mémoires et leurs expérimentations. Pour ce colloque, nous souhaitons explorer ce concept à travers les « lieux de passage » qui forment un véritable laboratoire des relations du nous-même au nous-autre marquant une évolution constante du vivre-ensemble. Nous entendons par lieux de passage autant des espaces physiques que des espaces temporels ou symboliques, dont les frontières sont inexistantes ou en perpétuelle redéfinition. À l’ère de la pluralisation croissante des sociétés et de la mouvance de celles-ci, le vivre-ensemble trouve toute sa pertinence dans ces lieux de passage.
Pour explorer cette thématique, une séance plénière organisée autour de ces deux notions permettra de réfléchir à ces deux notions envisagées différemment selon les implications (trans-)disciplinaires de chacun. Par la suite, quatre grands axes de recherche ont été identifiés afin de traiter de la question sous des perspectives différentes. Le premier concerne le vivre-ensemble appréhendé à travers les lieux de la mobilité pour saisir la reconceptualisation des frontières normatives, que celles-ci soient corporelles (corps et média), transnationales (mobilité franco-canadienne) ou sociétales (politique et artistique). Le deuxième axe se consacre à la trame narrative des lieux naturels et bâtis comme reflet de la collectivité, trame examinée à partir de la question de l’urbanisation diffuse à l’aune du développement durable. Le troisième explore la mise en représentation du vivre-ensemble à travers des sites patrimoniaux en crise qui connaissent une période de transition. Le quatrième s’articule autour de lieux sujets à la performativité du vivre-ensemble qui amènent une réflexion sur le rôle de l’art dans la sphère publique (l’art et la ville) ou scientifique (audio-vision et expériences du monde).