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Bogumil Jewsiewicki koss : À déterminer
L'image bidimensionnelle est une modalité de représentation du monde et du soi dont les usages dans l'espace congolais dérivent de l'expérience de la photographie et du dessin naturaliste pratiqués par des explorateurs. Entre la fin du XIXe et le début du XXe siècle, ces derniers captent et archivent les réalités congolaises au moyen de l'image bidimensionnelle. Objets de cette course à enrichir la collection d'échantillons d'«histoire naturelle », les Congolais sont bien conscients que les images prises par des Occidentaux sont des artefacts plutôt que des échantillons de leur réel. À leur tour, ils se font producteurs et consommateurs de ces images afin de fixer et de soumettre au débat public des échantillons du monde introduit par des Occidentaux, du monde « moderne ». De part et d'autre, l'image constitue un dispositif permettant de défier le temps et de délocaliser des fragments du réel. Les Congolais s'en servent pour produire et faire circuler des images de leur corps et de leur identité « modernes ».
Un diaporama de quelques dizaines d'images dont la production couvre le long XXe siècle donnera à voir ce que font ces images et comment elles font la « modernité » des corps et des personnes dont elles tiennent lieu dans la production d'un vivre-ensemble dans le monde organisé par la commodification.
Le CELAT (Centre interuniversitaire d’études sur les lettres, les arts et les traditions) propose de tenir son colloque annuel à l’Acfas sur le thème « Lieux de passage et vivre-ensemble ». Depuis deux ans, notre centre développe une expertise sur le concept de vivre-ensemble, entendu comme les formes et les enjeux de la vie collective découlant de la diversité et du pluralisme, marquant les relations entre les groupes majoritaires et minoritaires ou minorisés et les individus qui les composent, leurs interactions et formes de vie et d’expression, leurs appartenances à des territoires, leurs langages, leurs mémoires et leurs expérimentations. Pour ce colloque, nous souhaitons explorer ce concept à travers les « lieux de passage » qui forment un véritable laboratoire des relations du nous-même au nous-autre marquant une évolution constante du vivre-ensemble. Nous entendons par lieux de passage autant des espaces physiques que des espaces temporels ou symboliques, dont les frontières sont inexistantes ou en perpétuelle redéfinition. À l’ère de la pluralisation croissante des sociétés et de la mouvance de celles-ci, le vivre-ensemble trouve toute sa pertinence dans ces lieux de passage.
Pour explorer cette thématique, une séance plénière organisée autour de ces deux notions permettra de réfléchir à ces deux notions envisagées différemment selon les implications (trans-)disciplinaires de chacun. Par la suite, quatre grands axes de recherche ont été identifiés afin de traiter de la question sous des perspectives différentes. Le premier concerne le vivre-ensemble appréhendé à travers les lieux de la mobilité pour saisir la reconceptualisation des frontières normatives, que celles-ci soient corporelles (corps et média), transnationales (mobilité franco-canadienne) ou sociétales (politique et artistique). Le deuxième axe se consacre à la trame narrative des lieux naturels et bâtis comme reflet de la collectivité, trame examinée à partir de la question de l’urbanisation diffuse à l’aune du développement durable. Le troisième explore la mise en représentation du vivre-ensemble à travers des sites patrimoniaux en crise qui connaissent une période de transition. Le quatrième s’articule autour de lieux sujets à la performativité du vivre-ensemble qui amènent une réflexion sur le rôle de l’art dans la sphère publique (l’art et la ville) ou scientifique (audio-vision et expériences du monde).
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