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L'histoire gigogne

MM

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Mario Mimeault : UQAR - Université du Québec à Rimouski

Résumé de la communication

Nous avons eu en main la correspondance d'une famille de Sainte-Anne-des-Monts, celle de Théodore-Jean Lamontagne et d'Angélique Roy. Le corpus compte 2000 lettres (1852-1925) représentant plus de 4000 pages par 15 scripteurs, dont 8 éparpillés en Amérique du Nord. Nous sommes en présence d'un corpus imposant, de gens qui ont pris le temps d'écrire, d'une famille à l'aise, au sommet de la société nord-gaspésienne, en contact avec le monde occidental par l'entreprise paternelle. Notre hypothèse : la correspondance serait le vecteur d'une expérience migratoire. Quelle approche utiliser? Sommairement, la microstoria de Giovanni Levi et de Carlo Ginsburg, mais par quelle lorgnette l'entreprendre?

Il y a une histoire et diverses façons de la construire, de la raconter. Celle dont je me suis inspiré s'intitulerait l'histoire gigogne. Comment ai-je procédé? Par couches historiques, en les emboîtant chacune l'une dans l'autre. C'est une pratique, une manière de marier plusieurs approches et de faire en sorte qu'elles ne forment qu'une. Concrètement, dans la correspondance des Lamontagne, le papier explique la propension de la famille à écrire, le contenu des lettres livre les horizons d'attente des scripteurs, l'histoire de la famille sous-tend la mobilité du groupe, l'histoire conversationnelle exprime sa nouvelle appartenance.

Résumé du colloque

Souvent négligée, l’histoire régionale constitue pourtant une pratique essentielle et intrinsèquement liée à la construction d’une histoire dite « nationale ». En marge du débat entre la petite et la grande histoire, la pratique de l’histoire régionale en tant que telle demeure somme toute assez mal définie, à la fois dans ses finalités, ses paramètres d’analyse et ses pratiques concrètes. Entre le récit des figures et événements du local, l’explication de l’origine des toponymes, la mise en forme des témoignages ethnographiques, la publication de fonds d’archives inédits et les démarches de patrimonialisation, l’histoire régionale reste un objet multiforme. Obéissant à des règles méthodologiques et épistémologiques qui lui sont propres, elle n’en participe pas moins à définir une culture historique publique et à orienter les enquêtes produites dans un cadre proprement universitaire.

Le colloque suggéré propose ainsi de faire un état des lieux de cette pratique d’histoire régionale, notamment par la mise en relief de la variété des pratiques et de ses objets. Les propositions de communications pourront s’insérer à l’intérieur de l’un des axes suivants :

La construction d’une histoire locale et régionale : ses fondements, ses fonctions identitaires d’hier à aujourd’hui.

Les artisans de l’histoire régionale : les acteurs privés (chercheurs autodidactes, universitaires et professionnels) et institutionnels (institutions publiques, organismes communautaires et culturels), les collaborations, la variété des perspectives disciplinaires mises à contribution (géographie, ethnologie, histoire, archéologie, archivistique, etc.).

Les matériaux de l’histoire régionale : les objets; les types de sources dépouillés ou à investir dans le futur.

La production de l’histoire régionale : la variété des échelles et les thèmes de prédilection; le rôle structurant du patrimoine; les pratiques de rédaction et les enjeux liés à la diffusion; les travaux marquants des dernières décennies.

Contexte

section icon Thème du congrès 2015 (83e édition) :
Sortir des sentiers battus
section icon Date : 26 mai 2015

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