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Sabrina Bresson : Université de Tours
En France, la participation citoyenne est devenue un incontournable du discours politique et de l'action publique, en particulier en aménagement et en urbanisme. En
témoignent les nombreux textes de loi qui, depuis le début des années 1980, tentent d'institutionnaliser la participation, soit en rendant obligatoires des dispositifs tels que les enquêtes
publiques ou les conseils de quartiers, soit en officialisant des pratiques qui restent à la libre initiative des autorités locales (comités consultatifs, référendum local, jurys citoyens, etc.). C'est surtout dans les quartiers populaires que s'appliquent ces dispositifs, perçus par les responsables locaux comme une réponse sociale aux questions inquiétantes des déséquilibres territoriaux. En 2014, la création des « conseils citoyens » dans les quartiers prioritaires de la Politique de la Ville a pour objectif de conforter les dynamiques citoyennes et de renforcer l'implication des habitants dans les projets urbains. Leur mise en oeuvre apparaît cependant périlleuse et les premiers retours sont contrastés. Peut‐on décréter la participation ? Comment les habitants des quartiers populaires perçoivent‐ils et s'approprient‐ils ces dispositifs initiés « par le haut » ? Quelle est leur capacité d'action ? La présentation du cas particulier de Marseille et sa mise en perspective théorique et politique constituera la base d'échanges et de réflexions sur ce que peut signifier l'engouement récent sur l'idée d'une démocratie participative.
On constate un certain flou quant à l’évaluation des effets de la participation du public en aménagement et en urbanisme qui contraste avec la clarté du besoin de son intégration à la prise de décision. La question « à quoi la participation du public en aménagement, sous ses différentes formes, donne-t-elle lieu? » reste largement ouverte, et ce, d’autant plus que d’autres facteurs, extérieurs au dispositif participatif, peuvent avoir un effet tout aussi important sur la décision finalement prise.
À cet égard, l’action publique ne résulte pas d’un canal unique et unidirectionnel : elle est plutôt le fruit d’un processus de construction et d’interactions qui provoque des conflits, des ajustements et des retours en arrière, suivis de progressions. Aussi, les expériences de participation publique ont des retombées qui ne peuvent être envisagées uniquement comme des résultats limités dans l’espace et dans le temps. Certains de leurs résultats peuvent parfois se diffuser, plus ou moins consciemment, dans les pratiques des acteurs impliqués.
Il paraît pertinent de s’intéresser à ces diverses formes de la participation : institutionnelle, non institutionnelle, présentielle, en ligne, politisée ou moins politique. Comment la participation au sein d’un dispositif interagit-elle avec la participation dans les autres canaux? Comment les processus de participation des usagers de l’espace sont-ils saisis par l’organisation institutionnelle? Comment les chercheurs parviennent-ils à aborder ces processus expérimentaux, qui prennent forme dans l’espace urbain, sans être liés aux modes habituels de concertation locale?
Ce colloque souhaite apporter des éléments de réponse à ces questions en s’appuyant sur des expériences et des réflexions issues de recherches menées dans différents contextes, notamment québécois, français et suisses.
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