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Maya Jegen : UQAM - Université du Québec à Montréal
Il n’est plus possible de déployer des infrastructures et technologies énergétiques sans que les décideurs politiques et économiques et les citoyens évoquent la notion d’acceptabilité sociale. Dans la littérature, cette notion est souvent chargée de façon normative, mais on précise rarement sous quelles conditions l’acceptabilité sociale affecte la décision politique. Cette communication s’appuie sur une étude empirique portant sur les compteurs intelligents au Québec. Ces compteurs font partie des réseaux intelligents qui sont parfois considérés comme des outils innovateurs pour changer la manière dont nos sociétés produisent, distribuent et consomment l’électricité et qui pourraient contribuer à la transition énergétique. Leur déploiement au Québec s’est heurté à des résistances multiples (municipalités, groupes communautaires, syndicats) qui n’ont toutefois pas réussi à l’empêcher. En recourant à des théories du processus politique, nous démontrons que l’opposition n’avait pas de lieu formel (venue) pour exprimer ses craintes et n’a pas réussi à élargir le conflit.
La transition énergétique dans laquelle se sont engagés plusieurs pays suppose le passage d’un ensemble stable de relations entre des « systèmes » sociaux, économiques, techniques et naturels vers une nouvelle configuration de ces relations qui permet de contrôler la production et la consommation d’énergie dans une perspective de réduction des gaz à effet de serre. La transition énergétique réfère à la transformation des systèmes énergétiques en particulier. Elle s’inscrit bien souvent dans des velléités plus larges de « transition vers l’économie verte » qui embrasse une transformation plus large du complexe technique, économique, politique et énergétique.
Les territoires suscitent de multiples espoirs pour la mise en œuvre concrète de la transition énergétique. Les industries de réseaux (surtout l’électricité) voient leurs « centres de gravité » se déplacer d’un modèle centralisé vers un modèle plus décentralisé. Dans quelle mesure ce déplacement correspond-il à un changement structurel pour le système énergétique? Quels sont les retours d’expérience? Jusqu’où peut-on envisager d’aller? Les territoires sont-ils en ligne avec les nombreux objectifs nationaux? Quels sont les instruments les plus efficaces et ceux à développer? Quelles technologies peuvent changer la donne?
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