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Husserl et la question de l’origine

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Alexandre Leduc Berryman : Université d'Ottawa

Résumé de la communication

Edmund Husserl n’est assurément pas reconnu pour son dialogue avec la pensée grecque, contrairement à plusieurs héritiers de sa phénoménologie. Ses textes tardifs, pourtant, montrent un intérêt persistant de sa part pour ce qu’on pourrait nommer le « moment grec » de l’histoire de la philosophie. Pour Husserl, c’est là l’occasion de poser la question de l’origine de la philosophie, mais aussi, et peut-être plus fondamentalement encore, de l’origine de l’Idée ou de l’idéalité elle-même. Or, ces deux interrogations conduisent la phénoménologie husserlienne à ses propres limites. Si l’on suppose une origine de l’idéalité, en effet, l’on doit se demander comment une telle origine sera accessible à la description, puisque la possibilité de cette description repose sur l’idéalité elle-même. C’est pourquoi la question de l’origine, qui ressort de l’étude husserlienne du « moment grec », a conduit plusieurs, dont J. Derrida, à suggérer que la phénoménologie telle que conçue par son fondateur devait être dépassée. Nous chercherons à voir si la phénoménologie husserlienne est mise en échec par sa tentative de répondre à la question de l’origine ou si au contraire elle parvient à y répondre dans le cadre qu’elle s’est fixé.

Résumé du colloque

Dès l’Antiquité, le dialogue déploie des implications morales, politiques et épistémologiques. Et depuis lors, il est demeuré un élément essentiel du paysage philosophique, autant comme pratique que comme objet de réflexion. Le dialogue a gagné en importance depuis le 20e siècle (on peut penser à Gadamer, à Ricœur, à Taylor, à Habermas, à la philosophie pour enfants, à l’éthique appliquée…), peut-être même une importance théorique proportionnellement inverse à ce qui semble aujourd’hui être sa faillite pratique dans l’espace public. À l’ère de la polarisation des opinions, le dialogue semble en effet de plus en plus difficile.

La notion de dialogue soulève de nombreuses questions qui concernent notamment sa définition, sa pratique, son importance dans la recherche de la vérité et ses conditions de possibilité. Ainsi, la réflexion sur le dialogue peut se déployer tant sur le plan métaphysique, épistémologique, politique qu’éthique. On pourrait s’intéresser à l’enseignement même de la philosophie, que plusieurs considèrent comme fondamentalement dialogique, ainsi qu’à son avenir quant à l’arrivée des nouvelles technologies et des offres de cours en ligne. On pourrait aussi s’intéresser aux grands dialogues entre philosophes qui ont marqué l’histoire de la philosophie ou aux dialogues que la philosophie a entretenus avec les autres sciences (humaines, pures, de la nature, de la santé…). Le dialogue entre les disciplines pourrait soulever des questions analogues à celui entre les étrangers, concernant notamment l’importance d’une langue commune aux interlocuteurs. Et qu’en est-il du dialogue interculturel ou interreligieux? Comment penser le dialogue entre les États, voire entre les individus, qui entretiennent des rapports de pouvoir asymétriques ou des rapports de domination? À l’instar de Platon, on pourrait aussi se questionner sur la possibilité du dialogue entre la personne qui sait et celle qui ne sait pas, entre la philosophie et le peuple.

Contexte

section icon Thème du congrès 2019 (87e édition) :
Engager le dialogue savoirs – sociétés
section icon Date : 28 mai 2019

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