Veuillez choisir le dossier dans lequel vous souhaitez ajouter ce contenu :
Membre a labase
Bertin Yameogo : Université Laval
Phénomène émergent, l’entrepreneuriat féminin au Burkina Faso reste mal aisé à cerner, en ce qui concerne sa contribution économique. Le nombre de femmes porteuses de projets est inférieur à celui des hommes, alors que les femmes représentent plus de 51 % de la population. Par ailleurs, mesurer la contribution des femmes entrepreneures bute de prime abord sur la rareté des statistiques. Plusieurs éléments désavantagent les femmes, notamment la division sexuelle du travail et les structures traditionnelles genrées. Ce travail repose sur une enquête engagée de mai à aout 2013 dans la ville de Ouagadougou. La communication s’appuiera sur les données obtenues dans le cadre de trois mois d’observation participante et de participation aux rencontres de l'organisation d’activités collectives, ainsi que sur des entretiens semi-directifs réalisés auprès d’une quinzaine de femmes entrepreneures.
Nous posons la question à savoir comment et en quoi la possession d’une entreprise permet-elle aux femmes de contribuer à leur émancipation économique à la fois au sein de leurs ménages et au sein de la société? Cette émancipation économique est-elle suffisante pour garantir l’autonomisation (empowerment) des femmes dans le contexte d’une économie fragile et des contraintes fortes qu’elles subissent? À travers leurs itinéraires, nous présenterons ces quelques figures, nées des combinaisons des habiletés personnelles et collectives et des capacités à saisir des opportunités.
Après plus d’un demi-siècle de mise en œuvre de stratégies de développement, les conditions de vie d’une grande partie de la population ont empiré dans les pays d’Afrique. Ces stratégies ont plutôt conduit à une aggravation des inégalités dans la répartition des revenus et à une exacerbation des inégalités de genre. Les inégalités de revenus liées au genre sont alarmantes et conduisent à une « féminisation de la pauvreté ». Cependant, les femmes, dans la société africaine, ont toujours occupé une place primordiale dans l’amélioration des conditions de vie des communautés. Dans le domaine de l’agriculture, par exemple, elles ont le monopole de la filière de production des cultures vivrières, qui assure la sécurité alimentaire dans les pays africains. Par ailleurs, à l’heure où différents analystes économiques prévoient le maintien de la reprise économique en Afrique pour les prochaines années, il importe de favoriser la prise en compte des initiatives des femmes dans l’élaboration de politiques de développement pour un développement socialement durable. Dans ce contexte, ce colloque se veut un lieu de dialogue entre les chercheur-e-s et les praticien-ne-s afin de contribuer à mettre en exergue le rôle des femmes africaines dans le développement du continent.
Ce colloque se propose de répondre aux questions suivantes : 1) Quel est le bilan de la thématique « femmes et développement »? Quels sont les nouveaux défis? 2) Comment ces défis sont-ils intégrés dans les objectifs de développement durable (ODD) ainsi que dans les politiques et stratégies de développement des pays africains? 3) Les féminismes du Sud ou le genre en Afrique dans les théories sur l’émancipation des femmes : quels enjeux? La question de la mobilisation des femmes autour d’enjeux spécifiques : où en est l’Afrique? 4) Comment les milieux ruraux se restructurent-ils sous l’influence des initiatives des femmes? et 5) Entrepreneuriat féminin, économie sociale et health care : quelles actions pour quels résultats?
Titre du colloque :