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RIF1 CAUSE DU STRESS RÉPLICATIF EN ABSENCE D’ACTIVITÉ DES SIRTUINES

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Roch Tremblay : Université de Montréal

Résumé de la communication

La structure de la chromatine influence la capacité des cellules à répondre aux stress réplicatifs. Chez la levure Saccharomyces cerevisiae, les histones H3 nouvellement synthétisées sont acétylée sur la lysine 56 (H3K56ac) et déposées derrière les fourches de réplication. Deux enzymes de la famille des histones déacétylases de classe III, les sirtuines Hst3 et Hst4, déacétylent ensuite ce résidu après la phase S. Les cellules dépourvues de Hst3 et Hst4 présentent une acétylation constitutive sur H3K56, ce qui provoque une extrême sensibilité au stress réplicatif via des mécanismes méconnus. Ici, nous présentons les résultats d'un crible réalisé à l'échelle du génome visant à identifier des mutations qui nuisent à la croissance cellulaire lors de l'inhibition des sirtuines par le nicotinamide (NAM). L'hétérozygotie de gènes essentiels impliqués dans la l’initiation des origines de réplication cause une sensibilité au NAM. Nos résultats démontrent que Rif1 cause des défauts de croissance en présence de NAM. Cet effet est indépendant des fonctions d'homéostasie des télomères de Rif1, reflétant plutôt la répression dépendante de Rif1 des origines de réplication de l'ADN à l'échelle du génome. De plus, nos résultats suggèrent que H3K56ac pourrait moduler l’activité des origines de réplication. Finalement, nos données soutiennent un modèle dans lequel la répression des origines de réplication s’avère néfaste pour la croissance cellulaire en absence de l’activité des sirtuines

Résumé du colloque

Le cancer constitue la 1re cause de décès au Canada. La grande diversité à l’intérieur même des « types » de cancer est un obstacle au développement de thérapies efficaces. Malgré cette hétérogénéité, les cancers partagent des caractéristiques qui sous-tendent la malignité des tumeurs. Deux traits prévalents du cancer sont l’instabilité génomique et la reprogrammation transcriptionnelle.

Des mécanismes cellulaires complexes détectent et réparent les lésions dans l’ADN et préservent l’intégrité du génome. Il est bien établi que les cellules tumorales, malgré leur capacité de prolifération accrue, sont caractérisées par une instabilité génomique. Celle-ci résulte de défectuosités dans la signalisation et la réparation des dommages à l’ADN. Paradoxalement, l’instabilité génomique constitue un point faible des tumeurs exploité cliniquement par des traitements de chimiothérapie et de radiothérapie. Une compréhension moléculaire du maintien de la stabilité du génome est cruciale pour proposer de nouvelles pistes thérapeutiques centrées sur la modulation de la réponse aux dommages à l’ADN.

D’autre part, la réplication et la réparation de l’ADN ainsi que le contrôle de l’expression des gènes nécessitent une régulation très fine de la structure de la chromatine, l’assemblage hautement régulé de l’ADN avec les histones et d’autres facteurs accessoires. La dynamique chromatinienne est modulée par un système complexe impliqué dans toutes les transactions avec l’ADN. Ainsi, des changements dans les programmes d’expression génique, régulés par l’état de la chromatine, peuvent avoir une incidence majeure sur la transformation de cellules normales en cellules prolifératives et envahissantes.

Une caractérisation poussée de la régulation de la structure du génome, incluant l’action de facteurs épigénétiques agissant sur la chromatine, est essentielle pour améliorer notre compréhension des mécanismes moléculaires qui régissent l’oncogenèse. Cela est nécessaire pour établir de nouvelles thérapies contre le cancer.

Contexte

section icon Thème du congrès 2021 (88e édition) :
Du jamais su
section icon Date : 3 mai 2021

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