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De l'Afrique du ressentiment à ʺL’Afrique-enfant nietzschéenʺ : les germes espérantiels de l'Africanologie

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Abi Doumbia : Université Alassane Ouattara

Résumé de la communication

Soumis à son vouloir, l’Homme ne donne de valeur à l’Homme que celle d’une chose, voire une valeur marchande. Telle fut la condition des Africains sous le pouvoir colonial. Retenus par des chaînes psychologiques, ils se sont métamorphosés en ʺaraignées nietzschéennesʺ, qui n’a d’autre but que d’inoculer son venin de contagion : le ressentiment. Sentiment de vengeance, donc plein de passés douloureux, ils en font leur crédo. Faisant l’économie de la faculté de l’oubli, ils baignent dans des considérations infructueuses : réaction, distribution des responsabilités, etc. Posant ce diagnostic sombre et se trouvant à son antipode, l’Africanologie œuvre en élaguant les Africains. Elle n’écarte pas le fait qu’il nous faut honorer le passé, mais elle met un point d’honneur au fait que nous avons l’obligation de bâtir notre futur. Son espoir, c’est celui de voir les Africains subir une ultime métamorphose : la métamorphose de ʺl’enfant nietzschéenʺ. S’il y a une chose qui rend cet enfant digne d’intérêt et souhaitable, c’est bien sa faculté d’oubli, qui lui permet à la fois d’être accessible à des faits nouveaux et d’être capable de création. Avec cette transition ou métamorphose spirituelle et non biologique, l’Afrique s’engagera dans le jeu toujours renouvelé de l’action, de la création et de l’innovation.

Résumé du colloque

Le concept d’africanologie (Diakité, 2016) se définit, selon son concepteur, comme :

« Une discipline réflexive née de la jonction des sciences philosophiques, expérimentales, des cultures africaines, occidentales et des sciences humaines. Elle est un champ interdisciplinaire qui commence d’abord par la philosophie, passe de là aux sciences humaines et s’achève dans les sciences expérimentales. L’Africanologie est une tétraphilosophie; c’est-à-dire qu’elle est à la fois une géophilosophie, une historiophilosophie, une sociophilosophie et une médicophilosophie. Elle se définit donc comme une scientophilosophie, c’est-à-dire l’étude clinique, scientifique et philosophique de l’Afrique à partir de sa genèse et de son fonctionnement en tenant compte de son histoire, de ses cultures, de ses civilisations, de ses découvertes, de ses inventions et de ses pratiques. L’Africanologie est le gain de la symbiose des savoirs occidentaux et des savoirs endogènes africains. » (Diakité, 2018, p.122-123)

L’africanologie peut apparaître comme le résultat d’une volonté de reconstruction et de renaissance d’une société africaine à travers l’éveil des consciences.

Ainsi, à l’image de la négritude, l’africanologie se veut aujourd’hui la thérapeute de l’Afrique et des Africains, en vue de venir à bout des maux qui les rongent. À partir d’un diagnostic réaliste et objectif du mal africain, dénué de toute complaisance, l’africanologie se fait un devoir d’indiquer aux Africains les voies et les moyens susceptibles d’en venir à bout, et donc de créer les conditions de l’émergence, ultime étape vers le développement. Mais en réalité, l’africanologie est-elle susceptible d’influencer le destin de l’Afrique et des Africains, en leur donnant la possibilité de relever les défis du développement? Faut-il voir en l’africanologie un concept de trop au sein des études africaines? Sa démarche se démarque-t-elle des autres disciplines et autres doctrines vouées à l’Afrique? La révolution, sous-tendue par l’éveil des consciences qu’elle prône, ne présuppose-t-elle pas la mise en parallèle des perspectives exogènes et celles dites endogènes? Finalement, quelles peuvent être les forces et les faiblesses de l’africanologie, dans sa contribution à la marche de l’Afrique vers l’émergence, dans un contexte de mondialisation?

Ce colloque vise à faire l’état des lieux des études africaines contemporaines en général, et de l’africanologie en particulier, au regard des défis des temps nouveaux. Il se doit, pour y parvenir, de proposer une discussion critique autour du concept d’africanologie, c’est-à-dire en débattre l’opportunité du surgissement et en relever d’une part les forces et d’autre part les faiblesses, le tout dans une mise en parallèle avec d’autres disciplines, doctrines ou concepts en lien avec l’Afrique, et ce, dans le but de situer la contribution de l’africanologie dans le processus de développement de l’Afrique.

Contexte

section icon Thème du congrès 2021 (88e édition) :
Du jamais su
section icon Date : 5 mai 2021

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