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Aurele Fanny Deutcha Nguelieu : Université Laval
La communication met en relief le défi que représente la diversité culturelle dans le cadre de l’intégration et de l’implémentation des approches basées sur le genre dans les politiques de protection et d’autonomisation des personnes réfugiées. Une combinaison des approches de la sociologie du genre et de la sociologie américaine permet d’analyser l’impact des stratégies de lutte contre la Violence Basée sur le Genre (VBG), et ce, à travers le passage d’une stratégie fondée sur les droits, à une stratégie par la communauté, sur les rapports sociaux de sexe. Se fondant essentiellement sur une recherche qualitative, seront surtout interrogés le vécu et les perceptions des rapports de genre des personnes réfugiées et leur transformation. En mobilisant une étude de cas sur le camp de Minawao, nous tentons de répondre aux questionnements suivants : Quel est le sens que les personnes réfugiées accordent aux politiques de lutte contre la Violence Basée sur le Genre (VBG), promues par le Haut Commissariat des Nations Unies pour les réfugié.e.s dans le camp de Minawao? Comment les personnes réfugiées s’approprient-elles ces politiques ? Et quels sont finalement les effets induits sur les rapports sociaux de sexe ? Les réponses mettent notamment en lumière le fait que les approches basées sur le genre sont comprises et vécues différemment selon le genre, l’âge, l’ethnie et l’éducation des personnes réfugiées.
Les études féministes et de genre contribuent depuis leur émergence à enrichir le milieu québécois de la recherche. Elles se caractérisent aujourd’hui par un foisonnement impliquant de nouvelles avenues de recherche. Les chercheur·euse·s de différentes disciplines mobilisent des outils théoriques et des méthodes de recherche féministes divers. Si le champ des études féministes et de genre se présente comme étant dynamique et prolifique, il est toutefois dispersé parmi plusieurs disciplines et institutions. Il devient alors impératif de constituer de manière récurrente des espaces qui permettent de prendre acte du panorama des travaux théoriques et empiriques en études féministes et de genre et de témoigner de la richesse de la production scientifique au sein de la communauté de recherche professorale et étudiante, et de l’apport des milieux de pratique et militants.
Le colloque proposé constitue un espace au carrefour duquel seront mis en lumière des enjeux qui (re)traduisent la structure concrète et symbolique des différents systèmes d’oppression, dont le patriarcat. Certains objets de recherche plus classiques articulés autour des violences de genre, des représentations culturelles et des discours, du langage et de l’écriture ou encore de l’écoféminisme, sont toujours étudiés. Ceux-ci sont revisités avec des outils théoriques et méthodologiques hérités des débats traversant notamment le champ des études féministes et de genre. D’autres objets de recherche voient le jour à la faveur de disciplines émergentes comme la philosophie pour enfants, les études queer, les perspectives décoloniales, la théorie animée du cinéma d’animation. Enfin, des milieux de pratique et militants embrassent des postures féministes aux fins de mobilisation organisationnelle, comme c’est le cas dans le domaine de la musique au Québec. Ces enjeux seront donc au cœur du colloque « Focus sur de nouvelles avenues en recherche féministe ».
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