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Analyse critique d’une démarche de «re»théorisation de l’intersectionnalité : études de cas d’un backlash épistémique

MC

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Mélissa Castilloux : UQAM - Université du Québec à Montréal

Résumé de la communication

La couverture médiatique au Québec laisse entendre que nous assistons, dans le milieu universitaire, à un déclin de la capacité de discussions rationnelles au profit d’une censure protégeant les sensibilités des personnes « wokes ». Il faut notamment s’interroger à savoir si l’enjeu au centre de ces conflits est véritablement et uniquement la protection de l’affect. D’un point de vue critique, il faut faire la distinction entre le désagrément suscité par un désaccord théorique et la contestation des rapports socio-politiques en jeu dans la production et la diffusion des savoirs universitaires.

Nous partons d’un cas d’étude précis, soit une situation conflictuelle qui émerge dans le cadre d'un cours à la lecture du texte «Intersections and Dialectics : Critical Reconstructions in Social Reproduction Theory » (2017). Plusieurs personnes ont critiqué le choix d’étudier ce texte. Les critiques se sont articulées autour d’une contestation des rapports de pouvoir à l’œuvre dans les savoirs mis de l’avant par le politologue. Nous le verrons, ce texte illustre bien une pratique de théorisation oppressive qui se produit sous le couvert d’une démarche savante. Nous mobilisons notamment les concepts d’« injustice épistémique » (Hill Collins, 2017 ; Miranda Fricker, 2007) et de « backlash épistémique » (May, 2014), afin de mettre en évidence comment une démarche de théorisation peut avoir des conséquences négatives sur des groupes sociaux marginalisés, et ce, bien au-delà de l’affect.

Résumé du colloque

Les études féministes et de genre contribuent depuis leur émergence à enrichir le milieu québécois de la recherche. Elles se caractérisent aujourd’hui par un foisonnement impliquant de nouvelles avenues de recherche. Les chercheur·euse·s de différentes disciplines mobilisent des outils théoriques et des méthodes de recherche féministes divers. Si le champ des études féministes et de genre se présente comme étant dynamique et prolifique, il est toutefois dispersé parmi plusieurs disciplines et institutions. Il devient alors impératif de constituer de manière récurrente des espaces qui permettent de prendre acte du panorama des travaux théoriques et empiriques en études féministes et de genre et de témoigner de la richesse de la production scientifique au sein de la communauté de recherche professorale et étudiante, et de l’apport des milieux de pratique et militants.

Le colloque proposé constitue un espace au carrefour duquel seront mis en lumière des enjeux qui (re)traduisent la structure concrète et symbolique des différents systèmes d’oppression, dont le patriarcat. Certains objets de recherche plus classiques articulés autour des violences de genre, des représentations culturelles et des discours, du langage et de l’écriture ou encore de l’écoféminisme, sont toujours étudiés. Ceux-ci sont revisités avec des outils théoriques et méthodologiques hérités des débats traversant notamment le champ des études féministes et de genre. D’autres objets de recherche voient le jour à la faveur de disciplines émergentes comme la philosophie pour enfants, les études queer, les perspectives décoloniales, la théorie animée du cinéma d’animation. Enfin, des milieux de pratique et militants embrassent des postures féministes aux fins de mobilisation organisationnelle, comme c’est le cas dans le domaine de la musique au Québec. Ces enjeux seront donc au cœur du colloque « Focus sur de nouvelles avenues en recherche féministe ».

Contexte

section icon Thème du congrès 2022 (89e édition) :
Sciences, Innovations, Sociétés
manager icon Responsables :
Chantal Maillé
section icon Date : 10 mai 2022

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