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La supervision par correspondance : des espaces-temps d’accompagnement tendres et vivants

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Eugénie Jean-Lebel : UQAR - Université du Québec à Rimouski

Résumé de la communication

Dans le cadre de ma pratique en supervision clinique auprès d’intervenant.es psychosociaux, je souhaite créer des espaces-temps imprégnés de solidarité, de douceur et y honorer la joie et le sens qui vivifient nos pratiques. Portée par la conviction que l’écriture et la lecture sont des pratiques d’accompagnement de soi, j’ai développé une pratique de supervision par correspondance. Par le biais de lettres échangées se révèle la vastitude de l’expérience de l’intervenant.e qui se rencontre à travers ses mots. La correspondance devient un espace vivant, tout près et à distance aussi de la quotidienneté, et permet d’en déjouer le rythme accéléré qui contraint l’approfondissement de la pensée. Cette rencontre à travers les résonances échangées permet d’humaniser la pratique en supervision clinique, en y conviant des parts de l’expérience de l’intervenant.e qui se révèlent sous les mots choisis, qui sont reconnues, explorées. La correspondance, par sa temporalité autre et par la richesse évocatrice des mots infuse de la sensibilité, de l’humilité, de l’authenticité dans l’espace de supervision, et par extension dans la pratique psychosociale. Ce territoire de mots partagés est ainsi humanisant, puisque invitant une liberté et un accueil de la sensibilité des correspondant.es qui sauront par la suite s’y appuyer pour leurs pratiques. C’est en faisant converser des pensées d’auteur.es de différents horizons et des extraits de correspondances que je souhaite développer mon propos.

Résumé du colloque

Notre travail interroge les pratiques d’humanisation, entendues comme ce qui humanise, rend humain, apporte de l’humanité. Elles concernent des dimensions très générales de la vie humaine (l’éducation, la socialisation, la transmission, la relation) et des activités situées (la construction éthique, les relations sociales et professionnelles, la médecine…). Certes, la notion d’humanisation peut relever du pléonasme, car toute activité humaine, y compris la plus cruelle et déréglée, est… humaine. « Chacun appelle barbarie ce qui n’est pas de son usage », rappelait Montaigne pour condamner le rejet des « autres » dans la sous-humanité.

Mais ce pléonasme apparent désigne aussi une tâche qui, peut-être, définit l’humain : tenter de réaliser une certaine idée de soi, porteuse de principes dits « humanistes », pour que les sociétés, les milieux professionnels, les relations internationales tempèrent leur violence potentielle grâce à des pratiques respectueuses de la personne. Il s’agirait par exemple d’« humaniser » la médecine ou l’économie afin que ces activités ne finissent pas, paradoxalement, par nier l’humain, comme si le meilleur ennemi de l’humain était lui-même.

Nous étudions des exemples tels que : les arts dans la formation médicale pour l’humanisation des soins et la reconnaissance des « questions existentielles »; l’expérience esthétique dans la relation thérapeutique comme reconnaissance intersubjective; le souci de politiques éducatives visant l’humanisation, et non une simple « humanitarisation » que dénonçait Freire et que les études décoloniales ne cessent de révéler; un modèle d’éducation humanisante, propre à Tim Ingold, et aligné sur l’anthropologie; la confrontation des soignants au mystère de l’Autre au moment des fins de vie; la prise en compte des inégalités sociales dans l’humanisation du travail social; l’humanisation du système carcéral par l’art et la culture; l’attention au sujet existant; l’art participatif et décolonialisé, etc.

Contexte

section icon Thème du congrès 2023 (90e édition) :
100 ans de savoirs pour un monde durable
section icon Date : 10 mai 2023

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