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Livia Coco : Université de Bretagne-Occidentale
Dans le monde social actuel la notion d’inclusion, avec une majuscule, entend répondre aux situations d’exclusion, de mise à l’écart d’une frange de la population jugée hors normes psychologiquement, etc.
Nous défendons une approche qui envisage de reconnaître, chez chacun et chacune, une égale capacité d’attention et de recherche (Rancière, 1987) dans des situations de coopération.
Depuis cette logique, nous pensons des dispositifs d'apprentissage qui rendent possible, pour tous et pour toutes, le déploiement de savoirs langagiers déjà-là pour comprendre des textes.
Nous partons du constat que les langues sont des phénomènes sociaux clés, enjeux de pouvoir (Blanchet, 2022). Certaines pratiques langagières sont ainsi exclues des langues dans lesquelles on les classe. Ce type de phénomène génère de l'insécurité linguistique.
La DDLC invite à penser la variabilité plutôt que l’unicité, la diversité, plutôt que de la normativité dans l’enseignement apprentissage des langues.
A travers l’idée d’inclusion, c’est précisément le rapport à la norme que nous proposons de questionner.
Nous proposons l'étude de cas, sur la base de l’analyse de films de classes, afin de montrer en quoi la notion de norme est intéressante pour penser la question de l’inclusion, en termes de potentialité d’action. Nous situons nos analyses dans le cadre de la Théorie de l'Action Conjointe en Didactique (Sensevy, 2011) que nous enrichissons de concepts empruntés à la linguistique et à la sociolinguistique.
Ce colloque s’intéresse à la question de l’équité et de l’inclusion à l’école du point de vue des didactiques disciplinaires. Devant la diversité des apprenants, qui peut être d’origine ethnoculturelle, religieuse, de genre, socioéconomique, ou encore en lien avec les difficultés d’apprentissage et d’adaptation (Potvin, 2014; Rousseau et al., 2014; Solar, 2007), la réussite et l’égalité des chances des élèves à l’école constituent un enjeu social important (ex. : Conseil supérieur de l’éducation, 2014, 2017; OCDE, 2021; Vallet, 2008) auquel les disciplines scolaires peuvent contribuer.
Les notions d’équité et d’inclusion englobent les principes d’égalité d’accès et d’égalité des chances. Elles présupposent la remise en question des barrières systémiques, afin de fournir à chaque élève différents niveaux de soutien pour accéder, participer pleinement et tirer le meilleur parti d’un programme d’éducation donné (Joncas et al., 2022, p. 5).
Si cette problématique est documentée depuis de nombreuses décennies dans des disciplines comme la sociologie de l’éducation, la psychologie ou la psychopédagogie, dans le champ des didactiques, les travaux restent encore parcellaires. À titre d’exemple, comme le soulignent Verscheure et Collet (2023), « dans le champ des didactiques, la question du genre n’a fait que rarement l’objet d’études » (p. 14). Une synthèse réalisée par Messiou (2017) montre que les articles portant sur des pédagogies ou des disciplines scolaires spécifiques concerneraient moins de 1 % du corpus de textes publiés dans la revue International Journal of Inclusive Education, de 2005 à 2015. Dans ce contexte, la question centrale proposée dans le présent colloque est la suivante : comment les disciplines d’enseignement, par les contenus qu’elles véhiculent, l’organisation de ces derniers ainsi que les modalités de leur enseignement-apprentissage peuvent-elles favoriser l’équité et l’inclusion des élèves à l’école?
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