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Audrey-Lise Rock-Hervieux : Maman autochtone
L'éco-émotion, inspirée des savoirs autochtones, lie profondément le mouvement humain au territoire, tout en respectant équilibre et rythmes naturels. Cette vision dépasse le simple déplacement en englobant les aspects physiques, culturels et spirituels du mouvement. Dans un monde rapide et axé sur la performance, comment réintégrer cette conscience du mouvement dans nos pratiques éducatives, culturelles et artistiques ? L'éco-motion s’inscrit dans une reconnexion avec nos racines, nos langues et nos territoires, dans un processus d'adaptation et de transmission intergénérationnelle.
Cette approche souligne la nécessité de préserver les savoirs autochtones en les intégrant aux rythmes naturels. Dans l'économie créative, elle propose de repenser la création en respectant le vivant et les cycles naturels, s'opposant ainsi à la surproduction en favorisant des processus créatifs réfléchis, enracinés dans la terre. Cette recherche d'identité résonne particulièrement avec les jeunes cherchant leur place dans un monde en mouvement constant.
En repensant nos pratiques avec l'éco-motion, nous pouvons adopter des approches plus fluides et personnalisées. L'éco-motion invite à davantage d'apprentissages en nature, en restaurant des pratiques culturelles respectueuses de l'environnement. Ce modèle inspiré des traditions autochtones, propose une alternative à la rigidité moderne, tout en intégrant chaque innovation dans un héritage et un respect mutuel entre l'humain et son environnement.
Le réchauffement climatique et ses conséquences aboutissent à l’extinction de nombreuses espèces vivantes, dont les végétaux. Ces catastrophes environnementales provoquent une écoanxiété dont la prévalence peut atteindre jusqu’à 70 % des jeunes Canadien·nes. Cette réponse d’origine émotionnelle est normale. Elle peut cependant provoquer des troubles psychologiques si elle se chronicise et s’accompagne d’un sentiment d’impuissance. À l’inverse, l’écoanxiété peut être utilisée pour changer nos comportements afin d’agir pour un avenir plus durable.
La Chaire de recherche en économie créative et mieux-être (CREAT) du Fonds de recherche du Québec a lancé un programme de recherche-création et action visant à codévelopper et à examiner les effets d’actions mettant en interaction végétaux-humains grâce à l’art et au numérique avec, pour finalité, la réduction de l’écoanxiété, l’acquisition de nouveaux savoirs apportant une écorésilience et une écoresponsabilité chez les jeunes adultes écoanxieux·ses.
Les défis et enjeux rencontrés sont multiples, car ils reposent sur une cible que sont les végétaux, qui ne sont pas un centre d’intérêt écologique, comparés aux animaux. Il s’agit d’une hypothèse audacieuse utilisant l’expérience esthétique (c’est-à-dire émotionnelle et basée sur la mise en valeur de la beauté des végétaux) puis cognitive (c’est-à-dire associée à un message éducatif) comme support des actions, et le numérique pour renforcer l’émotion positive ressentie grâce au caractère multimodal des stimulations sensorielles qu’il permet. Faire interagir les sciences fondamentales (biologie, neurosciences, génie, santé), les philosophies occidentales et asiatiques, les cultures allochtones et autochtones et les arts (écologique, visuel et musique) – au bénéfice de la relation végétaux-humains –, dans une démarche interdisciplinaire et intersectorielle, en codéveloppant des actions concrètes de terrain ayant des bénéfices individuels et collectifs représente les défis et enjeux rencontrés.
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