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Des affixes flottants

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Degif Petros Banksira

Résumé du colloque

En sémitique, certains affixes sont flottants et n'ont pas d'existence indépendante. Par exemple, en chaha (une langue sémiotique éthiopienne), le marqueur de pronom "w" 'le, lui' dans kefet-xu-p 'vous avez ouvert contre lui' fait partie du dernier suffixe. Mais, dans kefet-xwi-n 'je l'ai ouvert' "w" fait partie de l'avant-dernier suffixe. De plus, dans seteBw-e-n 'il l'a maudit', "w" s'attache à la dernière consonne alors que dans qwenes o ro 'il a commencé pour lui' il s'attache à la première consonne du radical. En d'autres termes, le "w" "flotte" vers la gauche et arrondit la consonne labiale ou vêlaire la plus proche de la fin du mot. Si le verbe ne contient pas de consonne labiale ou vêlaire, le "w" ne se réalise pas, comme c'est le cas dans atener-e-re 'il a purifié pour lui'. Le "w" est un suffixe dont le domaine d'affixation est le mot entier. Malgré sa nature parasitique et la variation qu'il présente quant à son ancrage, c'est un morphème ayant un sens, tout comme les affixes in- ou ment- dein-fatig-able-ment. Cependant, contrairement à ces affixes, "w" n'a pas de position fixe. En se basant sur les mots du type in-fatig-able-ment certains linguistes proposent que les mots ont une structure interne, c'est-à-dire que le changement dans l'ordre linéaire des morphèmes mène à des formes agrammaticales comme, cf. in-fatig-able-ment-able. Ce qu'on vient de voir avec le suffixe "w" est exactement le contraire. J'explorerai les implications de tels affixes pour l'étude du langage, particulièrement la structure interne des mots.

Contexte

Section :
Linguistique
news icon Thème du colloque :
Linguistique
host icon Hôte : Université de Trois-Rivières

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Titre du colloque :

Linguistique

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