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Résumé du colloque
Dans le prolongement du siècle classique, la question des passions est l'une de celles qui va occuper tout le XVIIIe siècle, en rhétorique comme en littérature — l'une nourrissant l'autre. S'inspirant des traités de l'Antiquité, les rhétoriciens offrent cependant une définition qui cadre avec le goût du siècle, en une double exigence de vertu et de naturel. Responsable de la persuasion et non de la conviction — laquelle dépend de la raison — les passions opèrent une victoire sur le cœur, représentant par conséquent la meilleure source de sublime. Ornement du discours, les passions sont parfaitement illustrées par la figure de l'hypotypose à l'œuvre dans la préroraison, partie du discours dans laquelle l'orateur s'autorise à déployer toute la puissance de son art. Au-delà des querelles rhétoriques (on pense à celle qui opposa Dom Lamy, partisan d'une éloquence raisonnable à B. Gibert, favorable à l'utilisation des passions dans le discours), il nous semble plus pertinent de nous pencher sur la façon dont le roman va intégrer la théorie des passions dans sa propre poétique: dans quelle mesure il recourt au discours passionné pour orner le discours et/ou pour toucher son lecteur et, surtout, dans quels endroits privilégiés du texte (préface, diégèse, clausule) celui-ci va se développer; enfin, quelles conclusions on en peut tirer en matière d'histoire et de théorie littéraires.
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