pen icon Colloque
quote

Plaisir et subversion chez Réjean Ducharme

CK

Membre a labase

Christiane Kegel

Résumé du colloque

L’Avée des avalées caractérise par l’inscription de fantaisies oniriques, dévoilées délirantes ou d’hallucinations fantasmatiques. Le lecteur, pour sa part, se trouve littéralement englouti sous l’avalanche d’une écriture pléthorique où règne une énergie folle d’investissement de signifiant en signifiant. Pour peu que la fonction ludique rate son effet curatif, le texte pourrait bien se transformer en mauvais objet, car les romans de Ducharme sont des œuvres tragiques qui mettent en scène des personnages aux prises avec la pulsion de mort : isolement, défaistise, déconstructionnisme et nihilisme. Seules l’invention verbale, les fantaisies ludiques prises à l’égard de la langue assurent une balise contre la noire objectivité et l’anarchique contre-culture. Le mot d’esprit constitue une décharge énergétique vivifiante. Dans cette perspective, Nelligan apparaît comme le double spéculaire de la fiction, autant en représentation superficielle qu’en structure profonde. L’insertion constante de fragments, de bribes de poèmes, de pastiches du “poète fou”, n’a de cesse de renvoyer le lecteur à l’histoire personnelle de Nelligan. Le discours de l’auteur s’inscrit dans la faille comme l’autre du discours. Vers la fin du roman nous voyons émerger une autre langue, le brénevinien, apparat de son hétérogénéité, son illisibilité à ce texte fou, qui se déploie comme étrange, étranger, inintelligible, alien. Il s’agira d’examiner plus à fond ce langage hybride, de même que les déformations que le texte fait subir aux poèmes de Nelligan.

Contexte

host icon Hôte : Université de Montréal

Découvrez d'autres communications scientifiques

Autres communications du même congressiste :