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La variation linguistique à l’intérieur des locutions contenant le mot « tête »

VG

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Valérie Gauthier-Fortin : Université Laurentienne

Résumé de la communication

Tous les locuteurs d’une même langue peuvent communiquer entre eux sans que leur intercompréhension soit compromise, et ce, grâce à la partie du lexique connue par tous les locuteurs d’une langue. Malgré l’existence du fonds commun, les locuteurs sont susceptibles d’utiliser des mots ou des locutions qui peuvent nuire à la transmission d’un message. Puisqu’il existe un éventail de mots et de locutions en français, nous ne nous sommes intéressés qu’aux locutions contenant le mot « tête », comme « coûter les yeux de la tête », dans le cadre de notre étude.

L’objectif de notre communication est double. D’abord, créer un répertoire de locutions contenant le mot « tête ». Ensuite, distinguer les variations (diatopique, diaphasique, diastratique, diagénique et chronolectale) auxquelles ces locutions sont soumises au Canada – plus précisément en Ontario, au Québec et dans les provinces de l’Atlantique (Nouveau-Brunswick, Nouvelle-Écosse, Île-du-Prince-Édouard et Terre-Neuve-et-Labrador) – en France et au Burkina Faso. Un questionnaire a permis de recueillir les données nécessaires à notre étude et d’évaluer la connaissance et l’usage de ces locutions en fonction de certains facteurs tels que le lieu d’origine, la classe sociale, le sexe et l’âge des participants.

Nos conclusions, qui découlent de 15 hypothèses, contribuent au domaine de la variation linguistique des locutions et vérifient plusieurs théories qui ne sont pas dotées d’assises empiriques ou qui sont contradictoires.

Résumé du colloque

Les phraséologismes (aussi appelés unités phraséologiques ou phrasèmes) sont des séquences :
– polylexicales, c’est-à-dire qu’elles sont formées d’au moins deux unités utilisées, avec une certaine récurrence, en contiguïté ou à proximité dans les textes (p. ex. au Québec, coûter une beurrée, en France et en Suisse, coûter bonbon, en Belgique, coûter un os; Lamiroy et al., 2010, p. 33-34);
– préfabriquées d’un point de vue cognitif. Il y a mémorisation « connectée » des unités figurant dans leur signifiant;
– contraintes sur le plan paradigmatique. Les unités en présence ne commutent pas librement avec d’autres unités de sens proche (p. ex. : *coûter une tranche). D’autres contraintes peuvent s’ajouter, notamment d’ordre syntaxique (p. ex. : impossibilité de passiver, d’introduire une négation) et pragmatique (p. ex. : l’affiche apportez votre vin sera placée bien en vue à l’entrée d’un restaurant au Québec).

La vaste classe des phraséologismes n’est pas unifiée. À titre indicatif, Iordanskaja et Mel’čuk (2017) proposent une typologie des phrasèmes qui compte, à son extrémité inférieure, 10 sous-classes aux propriétés sémantico-pragmatiques clairement délimitées (cf. locutions fortes, semi-locutions, locutions faibles, collocations standard, collocations non standard, nominèmes, pseudo-nominèmes, termèmes, formulèmes, sentencèmes).

Le colloque est l’occasion de réfléchir aux phraséologismes, dans toute leur complexité, en établissant un lien explicite avec la problématique de la variation, de l’innovation et du changement linguistique – en français ou dans une autre langue. Cette problématique, centrale dans les annales linguistiques depuis plusieurs décennies, est demeurée dans le champ de vision périphérique des phraséologues – du moins des phraséologues spécialistes du français – à l’exception de quelques cas notables (p. ex. : Lamiroy et al., 2010 et Lamiroy, 2020 sur les expressions verbales de la francophonie; voir aussi Cahiers de lexicologie, no 116, 2020).

Contexte

section icon Thème du congrès 2023 (90e édition) :
100 ans de savoirs pour un monde durable
section icon Date : 9 mai 2023

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