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Le corps éloquent au péril de l'ail

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Daniel Vaillancourt

Résumé du colloque

Quand Guez de Balzac veut définir l’urbanitas pour le Salon de Rambouillet, il a recours, en détournant une citation de Varron, à un argument alimentaire, écrivant : « Tant que leur éloquence[des Romains], pour user des termes de Varron, a senti les aulx et les oignons, on n’en devait rien attendre de fort exquis... » (Zuber, 1995) L’ail, qui avait été un des signes anecdotiques du Vert galant, devient un marqueur à multiples entrées : indicateur du groupe social, signe négatif du raffinement « urbanisé », symptôme d’un modèle rhétorique (éloquent ou non éloquent), trace complexe de la paysannerie et du provincial, indice relatif d’une géographie imaginaire (nord/sud; culture du beurre/culture de l’huile), etc. Se greffant à un savoir policé du corps, un corps classique appelé à devenir régenté par les multiples gymnastiques du refoulement, la consommation de l’ail est liée à une codification de l’odeur, celle de l’haleine et des vêtements. Dans le cadre de ce colloque, nous réfléchirons sur les corrélations qui existent entre pratique alimentaire, représentation de soi, politesse, urbanité et discours littéraire en prenant pour appui les représentations discursives de l’ail dans différents textes littéraires.

Contexte

host icon Hôte : Institut national de la recherche scientifique

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